Parce que nous croyons encore en l'éducation

Philippe Meirieu

Xavier Bouchereau

Éditions Éres, 2026

La vidéo de présentation

Table des matières


1. Qu'est-ce qu'un enfant ?
- L’enfance est un statut juridique : la minorité
- L’enfance est un état : les potentiels d’une immaturité
- L’enfance est un processus : entre promesse et frustration


2. Qu'est-ce qu'éduquer ?
- De la  domus au forum
- L’individu et le collectif
- Déterminismes, libre arbitre et responsabilité
- Contre la complicité des fatalismes
- Les nourritures symboliques


3. Qu'est-ce que la pédagogie ?
- La pédagogie, ce n’est pas qu’à l’école
- Articuler pratique et théorie
- La pédagogie (s’)invente
- La juste mesure au bon moment.
- Pédagogie et médiations
- L’IA, anti-pédagogue
- Ni forçage ni résignation


4. Qui éduque ?
- Une histoire de famille
- Des adultes pour parler à l’enfant
- Éduquer n’est pas (seulement ?) aimer
- Fatigue parentale


5. Vers quelle coéducation ?
- La ville éducatrice
- Vicissitudes du partenariat éducatif


Conclusion : Préoccupés et mobilisés
- No futur : vraiment ?
- L'éducation, une priorité: vraiment ?
- Ouvrons les yeux, et rêvons un peu…


Recension du livre par Pascal Bouchard (TOUTEDUC)

"Nous sommes passés d'une société holistique, où le contrôle social exercé par la population sur les enfants était très fort - souvent trop fort -, à une société qui confie ce contrôle à des 'spécialistes' (...) ! Ce qui est terrible dans cette évolution, c'est qu'elle signe un abandon du projet d'éduquer au profit de celui de contrôler." Philippe Meirieu dresse ce constat désabusé dans le cadre d'un dialogue avec Xavier Bouchereau, un éducateur. 

C'est l'occasion, pour le pédagogue, de revisiter tous les concepts qu'il a exposés depuis des années à l'aune de la prévention de la délinquance et pour le chef d'un service de prévention de se confronter aux difficultés qui font le quotidien des enseignants, aux tensions qui sont au coeur de leur métier, sachant que, et c'est l'implicite du livre qu'ils co-signent, les éducateurs prennent en charge des jeunes qui, le plus souvent, sortent du système scolaire en échec, ce dont ils ont la tentation d'imputer la responsabilité à l'école, tandis que les enseignants peuvent déplorer les faiblesses du travail éducatif en périphérie de l'école. Les deux auteurs se gardent bien de reprendre les termes d'un procès mutuel.

Et ils s'interrogent. Quand il a proposé ce dialogue à P. Meirieu, celui-ci lui a proposé de "partir d'une question simple, qu'est-ce qu'un enfant ?", laquelle s'avère n'être pas simple, et renvoie aussitôt à une autre, qu'est-ce qu'un adulte ?, et à un constat, beaucoup d'adolescents "sont enfermés dans le présent, ils ne s'imaginent aucun avenir, ils n'ont confiance en rien ni en personne". Nouvelles questions, "comment les faire entrer dans  la temporalité pour qu'ils puissent se dégager de la frénésie du présent ?", "qu'est ce que l'éducation ?", doit-elle inviter "à développer la débrouillardise individualiste" ou favoriser "l'engagement dans la construction du commun" ? 

Et des réponses se font jour. "Nous devons construire (d)es lieux, (d)es espaces intersticiels où les fatalités s'estompent, où la volonté de changement croit encore en elle." Sans compter pourtant sur des miracles. "Nous (éducateurs ou enseignants, ndlr) attendons que l'enfant ou l'adolescent fasse preuve de motivation (...). C'est (...) être victime d'une idéologie de la motivation bien discutable : comment peut-on être motivé par ce que l'on ignore ?" D'où la nécessité du "travail éducatif" qui "consiste à faire découvrir à toutes et tous le plaisir extraordinaire qu'ils peuvent trouver dans des activités exigeantes". Il y a donc "aussi des raisons d'espérer (...). L'effondrement de l'ancien monde auquel nous assistons aujourd'hui ne nous condamne pas à la violence ou à la tyrannie.